Last Year Was Tomorrow - I.F.A
Il y a des souvenirs qui ne reviennent pas comme des souvenirs. Ils ne surgissent pas clairement, avec une date, un lieu, un visage net. Ils arrivent plutôt comme des images mal rangées, des objets déplacés, des scènes qu’on croit reconnaître sans être certain d’y avoir vraiment assisté. Parfois, on se rappelle d’une histoire parce qu’on nous l’a racontée. Parfois, parce qu’il existe une photographie. Parfois, parce qu’un objet est resté là, dans un tiroir, dans une maison, dans une boîte, dans un fichier, et qu’il continue de nous regarder avec l’autorité étrange de quelque chose qui a survécu.
Last year was tomorrow commence peut-être là : dans cette zone où le passé n’est pas une matière stable, mais quelque chose qui insiste. Il ne revient pas pour être simplement retrouvé. Il revient modifié, contaminé par d’autres images, d’autres récits, d’autres projections. Il revient avec du futur à l’intérieur. Comme si chaque souvenir contenait déjà sa propre reconstitution, sa propre fiction, sa propre manière de se trahir.
L’exposition ne cherche donc pas à réparer la mémoire. Elle ne promet pas de vérité cachée, ni de retour à une origine claire. Elle avance plutôt à travers des pièces qui acceptent que les souvenirs soient incomplets, rejoués, parfois absurdes. Ce n’est pas retrouver ce qui a été. C’est composer avec ce qui manque.

